Demain c’est loin

Tomorrow’s far away

Auteur : Hachemi Senhadji

Je suis né dans une famille modeste, dans un pays envahi par la guerre et la violence de l’être,

Je voulais un avenir meilleur, mais cet endroit ne relève que de la pauvreté et de la peur.

Mon continent est gravement atteint et je gamberge, je vis parmi les diamants mais je meurs dans la merde.

Une nuit je me réveille en pensant à ce future noir, ce maudit village ne me ramène que du désespoir.

Toucher le plafond, rêveur et indépendant, mais être patient ce n’est pas attendre c’est agir en attendant.

Ma place n’est pas là, je prends ma mère dans mes bras, cette femme qui a tant pleuré pour moi. Où je vais, je ne sais pas, ma route je ne la connais pas. Quitter ce monde c’était mon premier pas.

J’ai 16 ans, traversant le Sahara direction le nord de l’Algérie. Ce pays ne m’a pas souri mais j’avais ce courage qui jamais ne m’a trahie. Affronter toutes ces frontières m’a fait mal au cœur en regardant cet humain, comme moi, rempli de haine et d’aigreur.

Ces gens me prennent pour un intrus, tant d’énergie perdue pour des préjugés indus, tellement de merde dans la vue que je prends mon temps et laisse tourner l’instru.

Au moment où je te parle, je suis en pleine fuite, que dieu m’épargne, il ne faut pas que je sois en pleine cuite.

Arrivée au Maroc, personne ne me teste, à part ces gendarmes et policiers qui me détestent. Le froid, l’orage et la famine me poursuivent comme la peste mais je reste solide. Tellement de sentiments se bousculent dans mon cœur et me font perdre la tête.

Parano je ne le dis pas, je préfère l’éviter. Je commence à douter de cette vérité, mais quelle idée ! Vue qu’ici je tourne dans le même schéma, parfois, je doute, parfois, je pense à retourner chez moi.

L’humain m’a vraiment dégouté, il m’a montré l’inverse, en attendant un signe de paix, je l’ai eu sans l’index.   

Je regarde la mer, même pas peur ! Face à ses énormes vagues, j’ai prié comme un pécheur mais cette barque me largue.

Nager vers cette terre, je ferais tout pour, un chemin sans détour. Gauche, droite en essayant d’attraper ce sable… Gauche, droite vers un avenir plus stable.

Mon nom est Mamadou, jamais de repos, les yeux mouillés et la douleur dans la peau. Dans un centre européen j’ai trouvé mes frères de peau, avec une étiquette de « réfugié » sur le front.

Des gens m’ont offert la joie et le bien mais je n’oublierais pas d’où je viens et jamais les miens. Là où les jeunes se tirent dessus à cause de gens corrompus. Pffff… cette situation me tue.

Ma mère c’est ma reine, c’est cruel comme elle me manque, je la vois dans mes rêves. Dans la lumière comme elle est grande.

Je n’aurais jamais imaginé la voir sur un lit d’hôpital, son absence me sera mortelle car sa présence m’est vitale.

Je pense aux larmes qu’elle a versées, aux épreuves que je lui ai fait traverser.

Je ne suis bouleversé que de regrets, je n’ai pas su l’aimer autrement que d’un amour muet.

Regarde-moi ! Regarde-moi !…  Regarde-moi bien dans les yeux, t’y verras des tonnerres et des éclairs de coups de feu, t’y verras de l’orage et des tornades de tourments, ce soir j’ai les yeux mouillés comme s’il pleuvait à torrent.

Demain c’est loin, viens on prend de l’ampleur, viens on fait une pause et si y’a quelqu’un près de toi, check-le de l’épaule.

Demain c’est loin, j’attends que les poings se brandissent. Les grands hommes ne naissent pas dans la grandeur, non, ils grandissent.

Demain c’est loin, la vie nous a brisé le dos, ce monde nous appartient car nous l’avons porté comme un fardeau.

Tomorrow’s miles away

I was born in a modest household, in a country invaded by war and violence of the soul,

I wanted a better future, but this place is just deprivation and fear.

My continent is badly affected and I wonder, as I live amongst diamonds but am dying in the dirt.

I woke up one night thinking about our moonless fate, of this cursed village which only brings me angst.

Touching the ceiling, dreamer and independent. But being patient does not mean waiting, it’s about acting in the meantime.

I don’t belong here. I hug my mother, for I caused her so much bother. Where I go, I do not know, my journey is still unknown to me. But leaving this universe was going to be my first verse.

I’m 16 years old, crossing the Sahara towards north Algeria. This country never smiled at me but still, I had this courage that, not once, betrayed me. Facing these borders sickened me while I watched this human as filled with hatred and bitterness as me.

As an intruder to their eyes, I waste heaps of energy against the prejudices that rise. There’s so much dirt in sight, no wonder I’ll take my time and let the beat go on.

I’m on the run as I speak. May god spare me, I cannot be intoxically weak.

Arrival in Morocco ; nobody’s testing me, except these policemen who seem to hate on me. Tracked by the cold, the storm and the hunger, I still remain proper. Yet a rush of emotions comes shaking my heart, comes shaking my head. 

Paranoid, there are some thoughts I’d rather avoid. For the truth starts to get blurry, oh but what a strange idea ! And since I’m here spinning around the same design, I dwell on returning to the nest from time to time.

Disgusted by humanity, while still waiting for a peace treaty, but being only given a sign instead, lacking the finger that rudely points to my head.

And I prayed like a sinner, confronting the sea, unafraid to face its waves. Yet still… This boat wants to quit me.

Capable of anything for this land I want to reach, a straightforward path down to the beach. Left, right, trying to grab this sand. Left, right, on my feet I want to stand.

My name’s Mamadou. Never at rest, I live in pain and my eyes are wet. In a european center I found my brothers of skin,  all labelled refugees, as I had been.

People have offered me assistance and bliss, but I’ll never forget the ones that I miss. They’re in this place where, due to a corrupted few, offsprings fire at eacht other. Pfff… This situation is killing me.

My mother is my queen, it’s cruel how much I miss her. I see her in my dreams, straight into the light, oh how great she seems !

Never would I have had pictured her laying on a hospital bed. Her absence shall be deadly, for her presence is so vital to me.

Thinking about the tears she shed, the trials I put her through and from which I fled.

Shaken with guilt from above, that I was only able to express a silent love.

Look at me ! Look at me !… Look me straight in the eyes, you’ll see thunders and flashes of fire, you’ll see storms and tornados of torment. Tonight my eyes weep as if it were raining a torrent.

Tomorrow’s miles away, come on let’s get growing, come on let’s take a break. And if someone’s near you, check him on the shoulder.

Tomorrow’s miles away, and I’m still waiting for the fists to be raised. Great men aren’t born in greatness no, they grow up.

Tomorrow’s miles away, Life has broken our back. Since we carried it like our burden, this world belongs to us in fact.